Nosig, Centre LGBTQIA+ de Nantes
Menu icoMenu232White icoCross32White
<
>
  • Pride Nantes 2026 site officiel accueil
  • Pride Nantes 2026 Infos pratiques officiel
  • Pride Nantes 2026 la soirée officielle
  • Pride Nantes 2025 site officiel2
  • Pride Nantes 2024 Photos site officiel
  • Les Pride Nantes photos officielles

Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux

Cliquez pour éditer
icoFacebook24Color icoTwitter24Color icoInstagram24Color
  • Nosig, Centre LGBTQIA+ de Nantes
  • ACTUS & AGENDA ▴▾
  • PRIDE NANTES 2026 SITE OFFICIEL ▴▾
    • Pride Nantes 2026 site officiel accueil
    • Pride Nantes 2026 Infos pratiques officiel
    • Pride Nantes 2026 la soirée officielle
    • Pride Nantes 2025 site officiel2
    • Pride Nantes 2024 Photos site officiel
    • Les Pride Nantes photos officielles
  • DEVENIR BÉNÉVOLE ▴▾
  • ADHERER & NOUS SOUTENIR ▴▾
  • L'ASSOCIATION ▴▾
  • INFOS PRATIQUES ▴▾
  • LES COMMISSIONS ▴▾
  • REVENDICATIONS ▴▾
  • Se connecter
  • Pride Nantes 2026 site officiel accueil
  • Pride Nantes 2026 Infos pratiques officiel
  • Pride Nantes 2026 la soirée officielle
  • Pride Nantes 2025 site officiel2
  • Pride Nantes 2024 Photos site officiel
  • Les Pride Nantes photos officielles
Pride Nantes 2026 site officiel accueil Pride Nantes 2026 Infos pratiques officiel Pride Nantes 2026 la soirée officielle Pride Nantes 2025 site officiel2 Pride Nantes 2024 Photos site officiel Les Pride Nantes photos officielles
Télécharger l'édito

Témoignage d’Arnaud-Dimitri

“Je m'appelle Arnaud Dimitri Lako. Je suis originaire du Cameroun, un pays où l'homosexualité est encore criminalisée par l'article 347-1 du code pénal, un pays où être soi-même peut vous coûter votre liberté, votre dignité, parfois votre vie.

Là-bas, mon homosexualité a été niée, bafouée. Mon existence a été rejetée. J'ai connu la peur, la stigmatisation, les violences. J'ai vécu dans un environnement où aimer était un danger, où exister était déjà une faute. J'ai été exposé à des persécutions qui m'ont profondément marqué, mais qui ne m'ont jamais détruit.

Aujourd'hui, je suis en France. J'ai obtenu la protection internationale. J'ai trouvé refuge à Nantes. Et surtout, j'ai trouvé une famille: celle que nous construisons au sein de l'association NOSIG. Un espace où je peux enfin être moi-même, librement, dignement.

Depuis quelques mois, j'ai l'honneur d'en être Coprésident, et de continuer de m'engager dans plusieurs commissions, notamment Pride, ISD (information, sensibilisation aux discriminations), et Droit d'asile. Cet engagement n'est pas un hasard. Il est en réalité le prolongement de mon histoire. Il est une réponse à tout ce que j'ai traversé.

Militer est devenu pour moi, une évidence. Une nécessité. Une responsabilité. Aujourd'hui, je suis fier. Fier de qui je suis. Fier d'aimer. Fier de me tenir debout. Et surtout, fier de pouvoir le dire, de pouvoir le crier, de pouvoir le vivre au grand jour.

Il n'y a plus de place pour les pleurs, ni pour la honte. Il n'y a plus de place pour le silence. Il est temps de s'affirmer, d'agir, de prendre notre place. Car certains ont cru pouvoir décider qui avait le droit d'exister, d'aimer, de vivre librement. À chaque époque, ils ont échoué. Et ils échoueront encore. Parce que nos existences ne sont ni des erreurs, ni des concessions. Elles sont des vérités vivantes, puissantes, irréductibles.

Aujourd'hui, face à la montée des idéologies réactionnaires, face aux discours de haine et aux politiques d'exclusion, nous affirmons avec force : exister, c'est résister.

Résister aux tentatives d'effacement. Résister aux injonctions au silence. Résister aux violences visibles et invisibles qui veulent nous reléguer dans l'ombre. Résister, c'est refuser la peur comme horizon. C'est continuer à aimer, à créer, à revendiquer, à occuper l'espace.

Mais résister, ce n'est pas seulement se défendre. C'est construire. Construire des solidarités. Construire des espaces sûrs. Construire des communautés fortes, fières et organisées. C'est transmettre nos histoires, faire vivre nos mémoires, et ouvrir des chemins pour celles et ceux qui viendront après nous.

Je milite aujourd'hui pour que plus personne n'ait à fuir ce que j'ai fui. Pour que plus personne n'ait honte de ce qu'il est. Pour que chacun.e puisse vivre librement, dignement,

pleinement. Et je continuerai. Toute ma vie s'il le faut. Parce qu'exister, c'est résister. Et que résister, c'est déjà gagner.”

Arnaud Dimitri Lako

Contexte autour du mot d’ordre et état des lieux

Une polarisation extrême sur les enjeux LGBTQIA à l’international

On observe d'un côté des avancées législatives et sociales majeures dans plusieurs endroits (notamment en Europe), et un recul significatif des droits et une criminalisation accrue dans d'autres parties du monde. D'une part, une volonté de protection globale portée par des institutions internationales; d'autre part, une montée des législations de "censure" et de "moralité publique" qui visent à exclure les personnes LGBTQIA+ de l'espace public. Sur différents continents, des pays durcissent leur arsenal répressif. Aux Etats-Unis, un mouvement de réaction conservatrice s'intensifie, menant à des régressions juridiques concrètes ou on observe une fragmentation des droits selon les États.

“J'ai le droit d'avoir peur [...] parce que je suis ouvertement trans, donc le jour où on martyrise les trans en France comme on les martyrise aux États-Unis, [...] ça sentira pas bon [...]. On peut revenir en arrière, c'est pas exclu [...] tous les signes sont là, enfin la violence politique aujourd'hui c'est affolant [...]. Il y a de quoi avoir peur et je pense qu'il n'y a pas suffisamment de personnes qui sont conscientes de ça. Certains vont dire que c'est de la parano et puis tu peux aussi dire que c'est du réalisme. [...] Quand tu vois ce qui se passe aux États-Unis c'est hyper réaliste [...]. Ça revient en arrière [...] On n'y aurait pas cru.”

Gwenola, Femme trans, Enseignante, 56 ans

En France, des progrès législatifs et des débats de plus en plus vifs

Avancées Législatives : Si le droit à  la PMA pour toutes (loi de 2021) semble acquis pour les femmes, il reste du chemin à faire pour inclure les personnes transgenre masculines. la méthode ROPA reste interdite en France, d’ici là cette réglementation pénalise encore nombre de couples lesbiens bi ou queer. L'interdiction stricte des thérapies de conversion votée en 2022 semble appliquée, malgré l’absence de données sur sa mise en application concrète. En 2026, les premières condamnations significatives ont servi d'exemples. Pourtant, ces pratiques, véritables atteintes à la dignité humaine, perdurent trop souvent dans l'impunité malgré les sanctions prévues. Et, concernant le volet santé, la fin des critères d'exclusion pour le don de sang basés sur l'orientation sexuelle est totalement intégrée.

Des attaques anti-trans : Le discours conservateur queerphobe, obsédé par le corps des enfants trans, fait régulièrement éclater des paniques morales infondées dans les sphères médiatiques et politiques françaises. En mai 2024, Le Sénat a adopté une proposition de loi visant à interdire  les transitions de genre, pour soi-disant “protéger les mineur.es”. Sur les questions LGBTQIA, c'est sans doute le sujet le plus polarisé en France actuellement. De plus, les associations réclament une simplification du changement de genre à l'état civil (déjudiciarisation totale), qui reste encore soumis à une validation par un tribunal.

Une actualité inquiétante : "Je le dis pour la première fois, je ferai un moratoire [sur les lois sociétales]", a déclaré Bruno Retailleau au sujet de sa candidature aux élections présidentielles 2027 (podcast politique "Dans les yeux d'Agathe" diffusé mardi 31 mars 2026). Des propos préoccupants et devenus presque habituels de la part de personnalités politiques, créant un incertitude concernant la pérennité du droit à l'IVG (bien qu’inscrit dans la Constitution), au mariage pour toustes ou à la PMA.

 « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Simone de Beauvoir

Cette citation de Simone rapportée par Claudine Monteil, une des signataires du manifeste des 343, prononcée il y a près d’un demi siècle,  nous pouvons apparenter les femmes à toutes les minorités existantes. 

Une histoire faite de cycles de progrès et de répressions brutales

L'appréhension des personnes LGBTQIA+ face à cette volonté d’effacement n'est pas une simple inquiétude théorique. Comprendre cette peur nécessite de regarder comment, par le passé, des communautés entières ont été gommées de l'histoire.

Autodafés et déportation des personnes queer sous le nazisme : Ce qui a été construit en vingt ans peut être réduit en cendres en quelques semaines, comme sous l'Allemagne de Weimar et le régime de Vichy. En 1933, les nazis ont pillé et brûlé des milliers d'ouvrages militants LGBTQI. En quelques mois, une communauté visible et organisée a été envoyée en camps de concentration ou contrainte au silence total.

La Résistance française de  39-45, écho aux luttes actuelles ? La Résistance a prouvé qu'un système légal n'est pas forcément légitime. Le régime de Vichy était "légal" mais aussi criminel. La Résistance a incarné l'idée que le progrès consiste à protéger les individus contre l'arbitraire de l'État et à garantir une dignité matérielle pour tous. Cette victoire a ancré l'idée que certains droits sont inaliénables et qu'aucun gouvernement ne peut les retirer à une minorité, quelle qu'elle soit. Continuons de défendre cette idée face au retour des idéologies d'exclusion.

Le traumatisme de la crise du SIDA (Années 80-90) : La colère peut être un outil politique constructif, parfois seul recours en l’absence de dialogue possible.  L’action révolutionnaire d’ACT UP en est l’exemple : En pleine épidémie VIH SIDA dans les années 80, l’inaction des pouvoirs publics a généré la nécessité d’actions plus “radicales” pour obtenir des politiques santé à la hauteur. En envahissant les sièges de la FDA (USA) ou en bloquant des congrès internationaux, ils ont poussé les autorités à accélérer les mises sur le marché des médicaments vitaux, durant initialement 10 ans. Leur action a sauvé des millions de vies lors des décennies suivantes.

Sortie du silence et refus de la honte : L'image d'ACT UP recouvrant l'obélisque de la Concorde d'un préservatif géant (1993) ou organisant des "die-ins" (militants allongés au sol simulant la mort) a brisé le tabou de l’époque. Ils ont transformé une honte cachée en une fierté politique. C'est cet héritage qui donne aujourd'hui aux personnes LGBTQIA+ la force de se battre contre l'invisibilisation :  le progrès n'est jamais venu de la simple patience, mais de la lutte et de l'expertise.

A Nantes, des actions queer historiques

NOSIG est née de l’union d’associations revendicatives et d’auto support queer. Dans les années 80, après le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle mixte de Nantes) naitront les 1eres associations nantaises : Homophone (écoute téléphonique anonyme) et Homosaïque (loisirs culture et radio). En 93, ces 2 associations perdaient leur local associatif pour rénovations, sans piste de relocalisation alternative par les institutions. Les association GRN (Gay Randonneurs Nantais), et David et Jonathan (homosexuel.les chrétien.nes) se sont unies à elles dans la rue pour renforcer leurs voix. Ensemble, elles toutes formeront le CHAILA Collectif Homosexuel d’Aide et d’Information de Loire Atlantique (premier nom de NOSIG) pour partager un local associatif commun, faciliter l’organisation collective et les actions de santé communautaire.

Commémoration des personnes queer victimes de la déportation : Cette journée nationale, instaurée depuis 1954 a longtemps exclu la question queer. Pourtant, 15.000 personnes queer ont été déportées en Europe sous l’occupation nazie. Les associations LGBTQIA+ souhaitant les honorer publiquement ont longtemps été réduites fermement au silence. Le refus de l’oubli des violences passées est un acte de résistance. Ce n’est qu’en 2022 que Nosig obtiendra l’autorisation de déposer publiquement sa propre gerbe de fleurs lors de cet hommage. Les archives queer illustrent de multiples refus indignes de la part de diverses institutions. Par exemple en 1989 : “Nous ne voyons aucun inconvénient à ce que vous vous associiez à l'hommage (...), à condition de le faire dans l’anonymat et la dignité (...) L’écusson déposé par nos associations est anonyme et constitue un hommage à toutes les victimes, cela devrait suffire.” Aujourd’hui comme hier, continuons de refuser de nous contenter des miettes concédées pour acheter notre silence. Nos larmes de deuil et de colère doivent être entendues.

 

Exister c’est Résister

La société s’impose aux individus.  Nous vivons dans un « cadre » social déterminé (lois, normes, croyances, langage, pratiques religieuses). Il nous contraint en même temps qu’il nous  fait vivre ensemble. Exister, c’est  être et vivre, mais aussi être contraint.es et entravé.es par ce cadre.  En tant qu'individu, ces normes telles que l’hétéronormativité s’imposent à nous. On peut tenter de ne pas les suivre, au risque d’en payer le prix. Et, quoi que l’on fasse, ce non-respect individuel ne suffira pas pour remettre en question ces pratiques. Ainsi, exister est aussi éminemment politique : faire société, accepter l’altérité, les positionnements autres que ce que les normes et lois sociales et juridiques imposent.

Tout le monde ne peut pas résister à ce cadre social. En le subissant toustes, nous en acceptons (plus ou moins consciemment) les codes et les valeurs. Il nous donne aussi des valeurs sociales différentes. En orientant nos  jugements et comportements, ces valeurs définissent une hiérarchie de ce qui est considéré comme “bien”, souhaitable ou estimable dans une culture donnée. Cette hiérarchie se manifeste dans les différents champs de la vie sociale. Par exemple, une différence de traitement dans les services d’urgence pour les femmes racisées ou les personnes queer. Elle se manifeste également dans les postures sociales que nous prenons : auto-stigmatisation, minimisation des violences subies, nécessité ressentie ou induite de cacher nos existences queer, dans un contexte professionnel, etc… Pour le dire autrement, nous subissons un système qui tend à nous forcer à nous taire, à nous cacher, à nous détester, à nous délégitimer… La notion de “coming-out” illustre bien ce cadre social : aucune personne hétérosexuelle n’aura jamais à annoncer et légitimer sa sexualité et/ou son identité de genre à ses proches.  

Inégalité dans la capacités de résistance des personnes : il est plus simple de s’affirmer, de prendre la parole et d’avoir les moyens de lutter quand on est un homme blanc homosexuel qu’une femme lesbienne racisée. Symboliquement, rester debout, essayer d’affirmer son identité queer, exister en accord avec qui l’on est, est déjà acte de résistance. Exister est le premier acte de résistance. Même pour celleux qui ne peuvent pas faire plus et qui subissent de plein fouet un cadre social multi discriminant. Nos fiertés lumineuses doivent continuer d’être revendiquées, comme réponses à la honte que l’on voudrait nous imposer. La Marche des Fiertés est en ce sens un acte de lutte et de célébration, un temps de puissance collective, qui dévoile nos combats et nos identités, multiples, uniques, belles, puissantes, et fières. Nous existons, au même titre que les autres, valons autant, ni plus ni moins, et méritons les mêmes droits et considérations : portons fièrement ce postulat.

Exister et résister en tant que personnes queer

Vivre sa vie dans la vérité de son être peut devenir un combat quotidien. Si resister, c’est opposer une force stable, constante, à une oppression qui ne faiblit ni ne s’interrompt, alors les personnes queer resistent en effet depuis leurs premières heures.

Justice, loi et désobéissance civile : Etre queer, c’est porter un regard différent sur la société et son évolution. C’est souvent différencier Légalité et Justice, lorsque les lois censées nous protéger nous enferment, nous contraignent, ou nous font violence… Résister dans ce contexte, c’est dire et redire, haut et fort, face à la société et aux institutions, que nous sommes là tel.le.s que nous sommes.

“Au moment de l’adoption de la loi PACS, nous nous sommes réuni.e.s, pas seulement entre personne LGBT mais aussi avec des alliés pour créer un espace, le temps d’un weekend, où il était enfin possible d’échanger librement et en vérité sur nos vies, et de résister aux paroles de mort prononcées contre nous par des responsables religieux. “

Marie-Hélène Association D&J Arc En ciel

Nous résistons autant à la violence qui nous est infligée qu’à la tentation d’y recourir nous-mêmes pour nous en défendre. Si la communauté LGBTQIA est souvent  assimilée aux mouvements activistes qui ont écrit son histoire (Stonewall, Act Up…), elle est aussi fortement empreinte du principe de désobéissance civile ; refus de respecter certaines lois ou règles de manière publique, consciente et non-violente pour protester contre une injustice ou défendre une cause. 

Les lois, reflets d’une époque : Ce qui paraissait juste et moral hier n’a plus cours aujourd’hui. Ce qui l’est quelque part sur terre ne l’est pas forcément ailleurs dans le monde. C’est en nous appuyant sur des valeurs réelles et des principes universels, dans le respect des besoins fondamentaux pour l’être humain, que nous pouvons tenir et soutenir un engagement politique et social contre toutes les oppositions et attaques subies par nos adelphes.

Résister au quotidien : Chacune de nos vies témoignent de la résistance de la communauté queer face aux injustices, à la violence, au rejet et aux mises en cause du quotidien. Une parole ajustée auprès d’un collègue, des informations données à un ado en recherche, le questionnement de pratiques face à un professionnel, c’est aussi ça, résister. La Journée Mondiale du Coming Out, née de la Marche de Washington du 11 octobre 1987 en référence à la Marche de 1963 menée par Martin Luther King pour les droits civiques des afro-américain·es. Cette journée rend hommage à la valeur et à l’intérêt sociétal de démarches souvent perçues comme individuelles, personnelles voire privées et intimes. En célébrant la démarche de dévoiler son identité LGBTQIA ou queer, nous montrons combien l’assomption peut être libératrice et émancipatrice. En nous faisant connaître et  reconnaître tel.le.s que nous sommes, nous contribuons aussi à la cohésion de la société et à une vie harmonieuse les un.e.s avec les autres,

“Au fond, je veux résister pour; pas contre. Pour qu’il y est de la place pour la réalité de notre diversité. Je crois à une résistance féconde.” - Marie- Hélène

Résister et exister en tant que Nosig

La pérennité matérielle et financière des centres LGBTQIA+ est fragile et tangue au gré des vents politiques contraires. Ce climat d’insécurité latente pour les associations est un outil politique pour les soumettre au silence. Ne pas faire de vagues pour survivre matériellement, ou risquer des pertes de subventions avec licenciement économique de nos salariés si l’association porte un plaidoyer qui déplait ou fait tache.

NOSIG en a fait les frais il y a 10 ans à peine, lorsque la région pays de la loire est passée à droite : En période de polémique post mariage pour toustes, parler de familles queer était, selon certaines personnes, contraire aux missions d’utilité publique d’une association. C’est à ce titre que la subvention pour le festival de cinéma Cinépride a été retirée à NOSIG à l’époque. Suite à cela, des particuliers ont eu recours à la justice pour demander la suppression de subventions de fonctionnement attribuées à NOSIG par la ville. Si le conseil d’état à tranché en faveur de l’association, ces longues années de combat juridique restent en nos mémoires et nous appellent à la vigilance.

Après l’enjeu des élections municipales, les présidentielles et autres élections institutionnelles augurent un climat austère, rien n’est acquis, tout est à défendre pour nos associations engagées.

Lois et Violences

La société actuelle tolère mal le cumul des identités et l’intersectionnalité ; pourtant, on nous reproche d'occuper trop d'espace lorsque nous revendiquons nos identités “complexes”. Aujourd’hui, les LGBTIphobies sont encore trop souvent vidées de leur essence politique. Trop souvent leurs violences sont minimisées, voire niées. Présentes dans tous les aspects de nos vies, elles impactent lourdement nos conditions d’existence : détresse psychologique, idées suicidaires, perte d’emploi, ruptures familiales, précarité et sans-abrisme.

N’oublions pas le suicide de Caroline Grandjean le 1er septembre 2025, consécutif à des menaces et injures lesbophobes, qui a tragiquement marqué la dernière rentrée scolaire.

Lorsqu’une dimension LGBTQIA+ est omise là où elle existe, la violence est vécue de plein fouet par nos adelphes. Il n'est plus tolérable d'entendre des excuses de la part de décideurs ou d'institutions prétendant « ne pas être au courant ». Condamnons la paresse morale de ceux qui nous invisibilisent.

Informer et sensibiliser constituent des actes de résistance cruciaux. Nommer nos réalités et éduquer sur les mécanismes de discrimination, pour mieux les identifier et les endiguer. NOSIG intervient depuis de nombreuses années en milieu scolaire et auprès des professionnel·les en prenant appui sur la loi EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle).

Le rapport annuel 2025 de SOS homophobie recense 1 571 témoignages de violences. Plus de la moitié dénoncent la gayphobie (55 %), suivis par la transphobie (23 %), la lesbophobie (12 %), la biphobie (3 %) et l'intersexophobie (1 %). Si le nombre de témoignages baisse, le climat politique délétère encourage la libération d'une parole anti-LGBT+, entraînant une banalisation des actes de haine, comme les guet-apens homophobes à Nantes l’été dernier.

“Depuis notre ouverture en juin 2024, Les Vagues, notre librairie queer, subit ce que nous subissons régulièrement en tant que personnes LGBTQIA+ : les conséquences de la montée d'idées nauséabondes d'extrême droite. Ne nous méprenons pas, quand nos vitrines sont détruites par des fascistes en mai 2025, quand nous nous faisons insulter par des homophobes, quand un livre pour enfant est dégradé, quand on tente de nous intimider ; ce n'est pas la culture qui est ciblée mais ce sont bien nos identités queers et ce qu'elles représentent qui sont visées par la haine, l'obscurantisme et la violence banalisée de l'extrême droite. Face à ces relents fascistes, nous, notre communauté et ses allié/e/s, faisons front. Le soutien que nous recevons depuis notre ouverture - fréquentation en hausse continue, mots d’encouragements et paroles touchantes, dons et participation au financement du rideau, etc. -  la détermination joyeuse et militante que nos adelphes nous insufflent et la place qu'occupe désormais notre librairie dans le paysage nantais sont autant de preuves que nous ne céderons pas face à la peur et que nous continuerons de faire rayonner les littératures queers, nos récits et plus largement nos identités !”

Librairie les Vagues

Idéologies réactionnaires : Nombre de médias nationaux relaient des discours fascisants visant à discréditer la parole LGBTQIA+. Ces théories du complot et ces contre-vérités queerphobes créent une désinformation toxique autour d’enjeux vitaux pour nos jeunes adelphes. Comme le projet de loi 2024 transphobe visant à restreindre l'accès aux soins de transition pour les mineur·es. Bien que finalement abandonnée, cette offensive menaçait de priver les jeunes trans de traitements hormonaux et de bloqueurs de puberté indispensables à leur santé. Ou encore la loi Asile et Migration 2024, aux conséquences délétères pour nos adelphes contraint·es à l'exil pour fuir les persécutions dans leur pays d'origine, et toustes les sans papiers

Uni.es fièr.es et organisé.es

Nous ne sommes pas seul.es . Et nous ne le serons jamais. Face aux violences, nous faisons front commun. Non pas dans l'uniformité, mais dans l'alliance. Nos différences ne nous divisent pas : elles nous renforcent. Nous avons appris à faire famille autrement. Une famille choisie, faite de solidarité, de protection et de transmission. Une famille qui accueille, qui soutient, qui relève. Là où certain.es ont été rejeté.es, nous construisons des liens. Là où l'isolement fragilise, nous faisons communauté. Cette force collective s'incarne dans nos associations et collectifs engagés. C'est dans cette unité, riche de nos pluralités, que réside notre force.

Résister aujourd'hui, c'est aussi préserver ce que nous sommes. Nos archives, nos récits, nos mémoires sont essentiels. Les collecter, les transmettre, écouter nos aîné.es, c'est refuser l'effacement. C'est affirmer que nos vies comptent, qu'elles s'inscrivent dans une histoire, et qu'elles continueront d'exister. Résister, c'est aussi créer des espaces. Des lieux où l'on peut être soi, se retrouver, s'organiser. Des lieux pour vivre, mais aussi pour lutter. Car faire communauté, c'est déjà résister.

Nos voix portent plus loin. Des figures visibles prennent la parole, ouvrent des chemins, brisent des silences. Mais cette visibilité ne vaut que si elle reste collective, ancrée dans nos réalités et nos luttes. Unies dans la diversité. Fier.es dans nos existences. Organisé.es dans nos combats. C'est ainsi que nous résistons. C'est ainsi que nous existons.

Nous n'avons jamais avancé seul.es. Et nous n'avancerons pas sans vous.  Aujourd'hui, plus que jamais, il nous appartient de transformer nos convictions en actes.

Chacun.e, à son échelle, à la hauteur de ses moyens, peut agir : s'informer, soutenir, prendre la parole, rejoindre une association, défendre, protéger, transmettre. Chaque geste compte. Chaque voix compte. Chaque engagement renforce le collectif.

Ne sous-estimez jamais la force de ce que vous êtes. Cette Pride 2026 est pas une parenthèse. C'est un point de départ. Une impulsion. Une promesse que nous nous faisons les un.es aux autres : ne pas reculer, ne pas nous taire, ne laisser personne de côté. Alors, engageons-nous. Faisons communauté. Faisons front. Ensemble, nous sommes capables de faire reculer la haine et d'ouvrir des chemins. Soyez fier.es de vous. Toujours.

Version V2 du 21/09/2024 Contact : webmaster@nosig.fr
  • Plan du site
  • Licences
  • Mentions légales
  • CGUV
  • Paramétrer vos cookies
  • Se connecter
  • Propulsé par AssoConnect, le logiciel des associations de Défense des Droits